FABIENNE KABOU PLAIDE NON COUPABLE ET INVOQUE LA SORCELLERIE

Ce sont ses premiers mots sur l’affaire. Depuis un peu plus d’une heure, elle n’a pas bougé, assistant presque détachée à la constitution du jury et à l’appel des témoins, puis de manière plus attentive au résumé de l’affaire par Anne Cochaud-Doutreuwe.

Il était juste passé neuf heures quand Anne Cochaud-Doutreuwe a ouvert le procès en appel de la mère infanticide qui a laissé sa petite Adélaïde sur la plage de Berck, en novembre 2013. PHOTO SEVERINE COURBE
Il était juste passé neuf heures quand Anne Cochaud-Doutreuwe a ouvert le procès en appel de la mère infanticide qui a laissé sa petite Adélaïde sur la plage de Berck, en novembre 2013. PHOTO SEVERINE COURBE

Alors, ceci fait, la présidente se tourne vers le box et demande à l’accusée si elle compte plaider coupable ou non coupable.

– « Non coupable, Mme la présidente. »

Elle veut continuer, mais les sanglots l’emportent. Elle baisse la tête dans un mouchoir, s’excuse doucement et un lourd silence s’installe dans la salle. La présidente tente alors de l’aider, l’incite à s’expliquer : « Mais reconnaissez-vous avoir déposé Adélaïde sur la plage ? Et être à l’origine de son décès ? »

« Oui, Mme la présidente. » Elle sent bien, sans doute, le désarroi du public.

« J’estime que quelque chose ou quelqu’un a agi en moi pour assassiner ma fille. »

Alors elle y va, comme elle peut : « Je plaide non coupable, parce que les éléments dont j’ai parlé dès mon premier interrogatoire, la façon dont j’ai été portée par une énergie que je sentais toujours malveillante n’ont pas été suffisamment exploités, à mon sens. J’estime que quelque chose ou quelqu’un a agi en moi pour assassiner ma fille. C’est un peu comme si quelqu’un avait commandité sa mort par mes mains pour faire d’une pierre deux coups : ruiner ma vie et ôter la vie de ma fille. »

A ses côtés, Fabienne Roy-Nansion, son avocate, est debout, main posée sur le bord du box, tandis que Frank Berton, qui vient d’entrer à sa défense que depuis quelques jours, la regarde avec curiosité depuis sa chaise. Toute la salle est curieuse, d’ailleurs. Le ton est désormais plus ferme, mais la voix douce. Elle réussit à chasser ses sanglots.

« Le plus dur, c’est que j’ai vraiment l’impression d’avoir été fauchée. Cet assassin, je voudrais savoir qui il est. C’est pour ça que je suis là. »

Elle enchaîne : «  Je me suis débattue pendant les deux années qui ont précédé sa naissance. J’étais épuisée. Le plus dur, c’est que j’ai vraiment l’impression d’avoir été fauchée. Cet assassin, je voudrais savoir qui il est. C’est pour ça que je suis là. »

Comme le disait Fabienne Roy-Nansion la veille, «  Elle est plus que jamais dans la sorcellerie. » Mais ses avocats devront tenir un autre discours.

Article La voix du Nord – Par Éric Dussart |

À propos de l'auteur: Sce Publication